--- De certains de nos problèmes à une perpective islamique: du rêve à l'illusion
Des ondes numériques abstraites et sombres, symbolisant la rhétorique haineuse et la désinformation sur les réseaux sociaux.
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Société/
Islam et Laïcité

De certains de nos problèmes à une perpective islamique: du rêve à l'illusion

Dans un contexte pré-électoral, marqué par des formations de coalitions hétéroclites, parmi lesquelles on ne voit aucun projet de société cohérent. On est plutôt au contraire, en présence de manœuvres électorales sous couvert de dialogue et de compromis.

Il manque véritablement un cadre éthique aux débats publics. Les réseaux sociaux sont mis à contribution et deviennent le lieu d’une rhétorique méchante et haineuse. Il s’y développe des communautés d’influenceurs souvent foncièrement ignorants des sujets dont ils parlent et avec très souvent beaucoup de dogmatisme. Ces postures participent à former de fausses croyances ou à l’expression de comportements déraisonnables chez l’homme réel de la rue.

L'instrumentalisation de la misère morale

Les ressentiments y sont exploités très souvent avec une instrumentalisation cynique de la misère morale de la jeunesse comme un tremplin électoral. Le recours à des moyens de propagande iniques risque d'entraîner le pays vers des “solutions” qui peuvent s'avérer pires que les problèmes dénoncés.

Chez nous, les réseaux sociaux manquent sérieusement d’une masse d'éclaireurs et de défricheurs d'idées. L'inversement et la confusion des valeurs irriguent toute la vie sociale dans ses différentes strates :

  • Quand la lutte pour la première place l’emporte sur tout le reste.
  • Quand le discours remplace le travail nécessaire de changement de la réalité sociale.
  • Quand les revendications subjectives l’emportent sur les exigences collectives.
  • Quand la rhétorique sert à cacher ses turpitudes, son incompétence et ses lacunes morales.

Alors, notre société devient "un tas et plus un tout” pour emprunter cette formule à Régis Debray.

Le désir de faire société en commun

À quand l’incarnation de l’idéal de ne rien servir autre que Dieu dans l’avoir, le pouvoir et le savoir ? Dans une situation marquée par des intérêts inconciliables, le désir de faire société en commun et pas à côté doit l’emporter sur les passions individuelles.

La réalisation d’une société juste relève de la responsabilité de tous ses membres en toute rigueur et dans la bienveillance. Face à nos problèmes collectifs, nul n’a le monopole des solutions. Les réponses doivent reposer sur une fécondation réciproque de tous les apports positifs. C’est la voie la meilleure pour éviter l’anarchie.

La stratégie du simulacre

À côté du manque de pédagogie chez tous nos responsables politiques, il y a un parlement qui n’est plus le cœur vivant de la vie politique. À cette situation se substitue une stratégie du simulacre qui permet de cacher le poids déterminant de forces économiques intérieures et extérieures, voire parfois militaires.

Le parti est servi au préjudice de la patrie par des politiciens qui deviennent des professionnels de l'arrogance, de l’orgueil, de la vanité et de la suffisance. De plus, un simple remplacement des hommes ou du cadre institutionnel sans rien changer à l'âme des Sénégalais dans les valeurs qui la nourrissent conduit inéluctablement à un semblant de patriotisme qui consiste en réalité à veiller sur ses propres intérêts de classe, de clan ou de corps.

L'Islam comme ciment social

L’Islam est le ciment de notre société qui permet de conjuguer l’effort collectif et le respect de la dignité personnelle. Il est le garant de la paix qui est le vrai enjeu.

Ainsi, avoir le sens de l’Islam reste indispensable à toute volonté sincère et pratique de réformer de manière positive. Nos mauvais arrangements avec les valeurs de la laïcité ne remplaceront jamais un bon procès avec l’Islam. Ceux qui utilisent les émotions collectives et l’identification au peuple veulent faire du “poujadisme” tropicalisé l’horizon de notre destin politique.

Que nous est-il permis d'espérer en termes d'équité sociale, d’efficacité économique et de durabilité environnementale, quand la concertation loyale entre les élites et leurs bases et le respect des règles institutionnelles deviennent des artifices ?

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Maya Ly

Rédacteur